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Cancer : quel est le rôle d’une naturopathe pendant les traitements ?


Fatigue, nausées, troubles digestifs, perte d’appétit, modification du goût, perte de poids, sommeil perturbé… Les traitements contre le cancer peuvent avoir de nombreuses répercussions sur le quotidien. La naturopathie ne traite pas le cancer et ne remplace jamais les traitements oncologiques. Son rôle est ailleurs : accompagner la personne dans sa globalité afin de l’aider à traverser cette période dans les meilleures conditions possibles.


Accompagner la personne, pas traiter le cancer

Lorsqu’un cancer est diagnostiqué, la priorité est bien entendu sa prise en charge médicale : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie ou thérapies ciblées selon les situations.

Mais derrière la maladie, il y a une personne qui doit continuer à vivre, manger, dormir, bouger et récupérer alors même que son organisme est fortement sollicité par les traitements.

C’est précisément à cet endroit que peut intervenir un accompagnement naturopathique.

Son objectif n’est ni de traiter le cancer, ni de remplacer les traitements prescrits par l’oncologue, mais d’accompagner certains symptômes, de soutenir l’hygiène de vie et de préserver autant que possible la qualité de vie pendant le parcours thérapeutique.


Plus qu’un remède contre un symptôme

Lorsqu’un effet secondaire apparaît, le premier réflexe est souvent de chercher quelque chose pour le soulager.

« J’ai des nausées, que puis-je prendre ? »« Je suis constipé depuis ma chimiothérapie. »« Tout a un goût métallique. »« Je suis épuisé. »

Le pharmacien est alors un interlocuteur précieux. Il peut conseiller un produit, vérifier sa compatibilité avec les médicaments et orienter vers le médecin lorsque la situation le nécessite.


L’accompagnement naturopathique est complémentaire : il permet de prendre davantage de temps pour comprendre ce qui se passe dans son ensemble et suivre son évolution dans la durée.

Une constipation, par exemple, ne se résume pas forcément à un problème de transit. La personne mange-t-elle suffisamment ? Boit-elle assez ? A-t-elle fortement diminué son activité physique ? Certains médicaments favorisent-ils la constipation ? Depuis combien de jours le transit est-il perturbé ? Y a-t-il des douleurs abdominales ? Le problème revient-il systématiquement après chaque cure ?

C’est l’ensemble de ces éléments qui permet de construire un accompagnement réellement individualisé.


Chaque traitement est différent, chaque personne aussi

Toutes les chimiothérapies n’entraînent pas les mêmes effets indésirables et toutes les personnes ne réagissent pas de la même manière à un même traitement.

L’accompagnement doit donc tenir compte du type de cancer, du protocole oncologique reçu, du moment du cycle de traitement, des symptômes présents, de l’état nutritionnel et de l’état général de la personne.

Le suivi permet également de comprendre la chronologie des symptômes.

À quel jour après la chimiothérapie la fatigue est-elle la plus importante ?

Quand l’appétit revient-il ?

Les nausées apparaissent-elles immédiatement ou quelques jours plus tard ?

La constipation survient-elle systématiquement au même moment ?

Le poids se stabilise-t-il entre deux cures ?

Le goût revient-il avant la cure suivante ?

Cette observation d’un cycle à l’autre permet progressivement d'identifier les périodes plus difficiles et d'adapter l'accompagnement.


L’alimentation : parfois, la priorité est simplement de réussir à manger

L’alimentation prend une place particulièrement importante pendant les traitements.

Or les conseils nutritionnels habituellement donnés à une personne en bonne santé ne sont pas toujours adaptés à une personne atteinte de cancer.

Lorsqu’une personne perd beaucoup de poids, manque d’appétit ou éprouve des difficultés à avaler, la priorité peut devenir très concrète :

manger suffisamment, apporter de l’énergie et des protéines, limiter la perte de poids et retrouver du plaisir à manger.

Il faut parfois enrichir les aliments, fractionner les repas, modifier les textures, ajouter davantage de sauces, profiter des moments de la journée où l’appétit est meilleur ou simplement remettre au menu des aliments que la personne aime réellement.

Dans certaines situations, chercher à avoir une alimentation « parfaite » peut devenir contre-productif si cela conduit la personne à manger encore moins.

L’accompagnement naturopathique permet alors de rechercher un équilibre entre les recommandations nutritionnelles, les besoins particuliers liés à la maladie et, surtout, ce que la personne arrive réellement à manger avec plaisir.


Nausées, transit, bouche, goût, fatigue, sommeil… regarder l’ensemble

Pendant les traitements, différents symptômes peuvent être suivis conjointement :

fatigue – sommeil – appétit – poids – hydratation – nausées – transit – bouche – gorge – goût – activité physique – récupération – qualité de vie.

Ces éléments sont liés.


Une bouche douloureuse peut faire moins manger. Une alimentation insuffisante peut accentuer la fatigue. Une hydratation insuffisante peut favoriser la constipation. Une constipation importante peut à son tour couper l’appétit et provoquer des nausées.

C’est pourquoi une vision globale peut être particulièrement intéressante.


Naturel ne veut pas dire sans risque

C’est probablement l’un des points les plus importants de l’accompagnement naturopathique en oncologie.

Face au cancer, il peut être tentant de multiplier les vitamines, plantes, antioxydants, champignons médicinaux ou autres compléments alimentaires.

Mais plus n’est pas forcément mieux.

Certains produits naturels peuvent interagir avec les médicaments, modifier leur métabolisme ou simplement ne pas être adaptés au traitement reçu.

Une naturopathe formée à l’accompagnement en oncologie doit donc également savoir dire :

« Ce complément n’est pas nécessaire. »

« Il vaut mieux éviter ce produit pendant votre traitement. »

ou encore :

« Avant de l’utiliser, demandons l’avis de votre oncologue ou de votre pharmacien. »

L’objectif n’est pas de remplir une ordonnance de produits naturels.

Il est de construire un accompagnement aussi simple, pertinent et sûr que possible.


Une vigilance particulière avec l’immunothérapie

L’arrivée de l’immunothérapie a également changé la manière d’accompagner les personnes atteintes de cancer.

Certains symptômes peuvent correspondre à des effets indésirables liés à une activation excessive du système immunitaire et nécessiter une prise en charge médicale.

Une diarrhée nouvelle, un essoufflement inhabituel, une toux qui apparaît, une fatigue brutalement différente, une éruption cutanée ou d’autres symptômes nouveaux ne doivent donc pas automatiquement être considérés comme de simples effets secondaires à accompagner naturellement.


Sous immunothérapie, un symptôme nouveau doit d’abord être pris au sérieux.

Le rôle de la naturopathe est aussi de connaître ses limites et de savoir quand orienter la personne vers son équipe oncologique plutôt que chercher immédiatement à traiter le symptôme avec une approche complémentaire.


Naturopathe, pharmacien et oncologue : des rôles différents et complémentaires

Il ne s’agit pas d’opposer ces professions.

Chacune possède son domaine de compétence.

L’oncologue diagnostique et traite le cancer, prescrit les traitements anticancéreux et en assure la surveillance médicale.


Le pharmacien sécurise les traitements médicamenteux, recherche les interactions et apporte notamment des conseils sur les médicaments et produits utilisés.


La naturopathe spécialisée dans l’accompagnement des personnes atteintes de cancer peut consacrer davantage de temps au suivi de la personne dans son quotidien : alimentation, poids, transit, fatigue, sommeil, activité, symptômes et qualité de vie.

Elle peut également suivre leur évolution entre les cures et adapter progressivement ses conseils.

L’idéal n’est donc pas de choisir entre ces différents professionnels, mais de favoriser leur complémentarité autour du patient.


À quoi peut ressembler concrètement un suivi naturopathique ?

Une première consultation permet de faire le point sur la situation dans son ensemble :

le diagnostic et les traitements reçus, les médicaments et compléments déjà utilisés, l’alimentation, l’évolution du poids, le transit, les nausées, la fatigue, le sommeil, l’activité physique, les difficultés quotidiennes et les priorités de la personne.

Un accompagnement est ensuite construit en fonction de ces éléments.

Lors des consultations suivantes, il ne s’agit pas simplement de renouveler les mêmes conseils.

On regarde ce qui s’est passé depuis la dernière cure :

Qu’est-ce qui s’est amélioré ? Qu’est-ce qui reste difficile ? Qu’est-ce qui a réellement aidé ?Qu’est-ce qui n’a apporté aucun bénéfice ? Le poids est-il stable ? De nouveaux symptômes sont-ils apparus ?L’accompagnement évolue ainsi avec la personne et avec son traitement.


La naturopathie comme soin complémentaire

La naturopathie n’est pas une alternative à l’oncologie.

Elle n’a pas pour objectif de guérir le cancer et ne doit jamais conduire à retarder, modifier ou interrompre un traitement médical.

Sa place est celle d’un accompagnement complémentaire et individualisé, centré sur la personne et sa qualité de vie.

Parce que traverser un cancer, ce n’est pas uniquement recevoir un traitement.

C’est aussi essayer de continuer à manger avec plaisir, dormir, récupérer, bouger, conserver son autonomie, comprendre ce qui arrive à son corps et se sentir accompagné entre deux rendez-vous médicaux.


L’oncologie traite le cancer.

L’accompagnement naturopathique prend soin de la personne qui traverse les traitements.


Cet article est proposé à titre informatif. L’accompagnement naturopathique est complémentaire à la prise en charge médicale et ne remplace ni l’avis de l’oncologue ou du médecin traitant, ni les traitements et soins de support prescrits. Tout symptôme nouveau, important ou inhabituel pendant un traitement anticancéreux doit être signalé à l’équipe médicale.

 
 
 

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